15 février 2011

Rien .

En ce moment, j'ai un emploi du temps hyper chargé, mais alors vraiment hyper chargé. Bon, de quoi il est chargé, ça je ne le sais pas. Mais toujours est-il que voilà.

 

D'habitude, 3 après-midi par semaine, je vais à l'auto-école, au code, avec mon frère (sur qui toutes les pintades qu'on rencontre bavent, les salopes). Sauf que là, ça fait 3 fois que mon frère fourbe (verbe fourber, donc). Il ne trouve rien de mieux à faire que de bosser ! Bon, c'est louable en soi, hein, je ne dis pas. Mais le truc qui me rend chafouin, c'est qu'il ne bosse QUE les jours où on est censés se rendre au code. Et là, je dis non, quoi. Ce n'est pas tellement de sa faute, vu que c'est le géniteur qui décide de quand il bosse... Et le géniteur, pour le coup (de pioche que j'ai envie de lui mettre dans la face), ben il fait iéch'.
Parce que vois-tu, moi, si le frère ne vient pas, je n'y vais pas, je suis comme ça. Faut dire que traverser la ville seule, déjà, c'est pas top, mais en plus, traverser ma ville en sachant que tu es observée, jugée, critiquée, jaugée de bas en haut et de haut en bas, et ce, seule, perdue et tout... Insurmontable que j'te dis. Je suis faible, tu sais. Bref, là, plus de code donc.

 

Sinon, au boulot, je n'ai toujours rien à faire... Je ne suis qu'ennui. Ma journée de boulot consiste à demander aux quelques péquins qui ont échoué au cédéhi on ne sait trop comment de bien vouloir la fermer lorsque ceux-ci braillent trop fort; tamponner les périodiques que l'on reçoit chaque jour; faire des photocopies; "réparer" le photocopieur quand ces connards de profs le laissent pour mort avec bourrage (souvent imaginaire) et toutes les portes ouvertes et compartiments bloqués... En somme, c'est la grosse éclate.

Tu me diras, je suis dans un cédéhi, je n'ai qu'à en profiter pour lire, ce ne sont pas les livres qui manquent. Ah ben non, mais figure-toi que ouais. Le "rayon" fiction ne remplit qu'une bibliothèque/étagère de 2m/2m. Et laisse-moi te dire que le contenu fait pas mal pitié (et on s'étonne que les élèves ne viennent pas emprunter de bouquins..). Les seuls bouquins intéressants, je les ai déjà lus. Du coup, je me suis tournée vers le fonds documentaire. Il fait le double de celui des fictions, mais... Comment dire ? Il est plein de... rien. On y trouve essentiellement:
- des dictionnaires (bon, ok, j'avoue que je kiffe lire le dico chez moi de temps en temps, et (ré)apprendre de nouveaux mots, mais quand même...)
- des encyclopédies, du genre Tout l'Univers (que j'ai déjà parcourues et reparcourues des dizaines de fois lorsque j'étais jeune et insouciante (en évitant toutefois soigneusement les pages "reptiles", mais ça, c'est un autre sujet))
- des Atlas
- des bouquins de mécaniques, d'informatique, de menuiserie, d'automobiles.. et j'en passe
- des manuels scolaires
- mais surtout, en grande majorité, des bouquins datant des années '50... du rêve quoi.

J'ai donc du fouiller à peu près une heure pour tenter de dégoter un bouquin qui éveillerait vaguement un intérêt chez moi, et j'ai trouvé... un livre sur la mythologie grecque. Sur les 50 mythes les plus célèbres. UNIQUE ouvrage intéressant dans ce ramassis de veilles pages poussiéreuses.
Il m'a occupé sur trois jours. Depuis, l'ennui a égalisé au score et a finalement gagné la partie.

Ok, je l'avoue, je facebook au boulot. Je joue avec mon "animal virtuel"; je m'occupe de ma ferme; je fais évoluer mon empire (et je n'ai même pas honte)... La grosse éclate ! Et avec ça, comment veux-tu que je ne sombre pas dans la folie et dans une dépression profonde ?

09 février 2011

Fut un temps, j'avais une vie je crois.

 

 

Paraît que j'ai mis vachement longtemps avant de revenir pondre un "article". Faut dire que j'étais overbookée, oui, j'avais du boulot par dessus la tête. Enfin non, mais ça fait bien de dire qu'on bosse comme des tarés.

 

coucher soleil, plage, crique, corse, tiuccia, ciel
En plus, j'en ai marre de la grisaille ambiante et du bitume à perte de vue. Ah non, attends, je confonds..


Sinon, je pense que pour que j'aie le temps de faire tout ce que je suis censée faire dans une journée et avoir le temps de respirer un peu en plus, faudrait facilement qu'une journée compte 72 heures. Je ne dois pas être humaine, je ne comprends pas comment vous autres, êtres humains normaux, faites pour avoir le temps de faire ce que vous avez à faire dans une journée. Moi en 24 heures, c'est à peine si j'ai le temps de me doucher et de me préparer. Pourtant, je ne suis pas particulièrement du genre à me peinturlurer la face pendant 3jours et à m'attarder sur le moindre petit détail. Vraiment, je ne comprends pas. Mais bref, passons.

Toujours est-il que depuis 10 jours, après le boulot, quand je rentre à la maison, j'ai à peine le temps de boire un coup que je dois repartir, direction l'hôpital. Non pas qu'on m'ait admise au service psychiatrique parce que j'ai dit que je trouvais qu'Eric Zemmour était drôlement mimi quand il rigole parce qu'on dirait une souris mutine; plutôt que ma grand-mère (cette sorcière) a comme qui dirait perdu les pédales, et a une espèce d'elzheimer qui se manifeste par crises. Elle a donc été hospitalisée. Sauf qu'elle a toujours été bavarde, peureuse, douillette, obsessionnelle, enfin bref, elle est horriblement chiante. Alors ça, combiné à la "dégénérescence due à l'âge", comme le dit si bien son docteur (qui soit dit en passant, n'a rien d'un Dr Glamour (ni même rien d'un docteur d'ailleurs. On aurait plutôt tendance à avoir envie de lui donner quelques pièces)), je ne t'explique même pas comment elle est insupportable, et ce n'est rien de le dire. Elle braille en non stop, personne ne comprend ce qu'elle baragouine, et en même temps, on s'en fout.

Ah si, elle appelle "maman" et "papa" à tout bout de champ. Enfin, tout ça pour dire qu'à l'hosto, les infirmières lui filent des anxiolitiques et autres trucs super funnys pour la calmer (alors que l'euthanasie, c'est tellement plus simple, mais je dis ça, je dis rien), du coup, elle est encore plus bonne à rien qu'avant. Elle est juste allongée dans son lit, et elle braille. Et on doit la faire manger. Et là, c'est donc moi qui m'y colle. Je la fais manger, à la cuillère, des espèces de bouillies mixées et de flancs à on ne sait trop quoi, et surtout la soupe. Sauf que ma grand-mère, même complètement fly-in-the-sky, elle est difficile, et dans sa soupe veloutée, elle ne kiffe pas quand il y a un mini morceau... alors elle me le fait savoir en me le crachant dessus. Elle est sympa ma grand-mère, hein ?

Du coup, le soir, au lieu de me détendre et de calmer mes nerfs en faisant du sport, comme je le faisais jusque là, je fais manger un gros tas de peau frippée et en prime, je me fais cracher dessus 

 

Sinon, au boulot, c'est trop des blagueurs. Ca fait trois mois qu'on me dit que mon contrat va être renouvelé, et puis 2 jours après on me dit que non, puis que oui mais c'est pas sûr, puis que finalement non, parce que restriction budgétaire, et que en fait oui. J'ai du avoir au bas mot une trentaine de sons de cloches différents, et là, on me dit que c'est sûr, mon contrat est renouvelé. Youpi. C'est pas comme si ça m'avait tellement gavé que j'avais juste envie de me barrer de moi même. Mais en même temps, j'ai beau avoir un BAC+5, je ne trouve pas de "vrai" boulot. Alors je vais devoir continuer de bosser chez les gogoles. Faites des études !

En parlant de mon boulot et de ses gogoles, jeudi, je me suis octroyé une vraie pause déjeuner, genre je suis sortie à midi pour revenir à 13H. Truc de fou ! J'ai été rejoindre mon frère, et on a mangé au soleil tous les deux. Sauf que les élèves m'ont vu rejoindre ce grand brun aux yeux verts. Et tout le monde en a déduit que c'était mon copain. Ben voyons. Du coup, en revenant au lycée, en traversant la cours j'entendais les commentaires de ces vilains bâtards charmants élèves qui disaient "ouais t'as vu son mec ?", "la meuf du cédéhi on l'a vu avec son mec", "han il est trop beau son copain, je le vois souvent en ville", "tu sais pas avec qui elle sort !!!". Super, vraiment. Je les trouvais pas déjà assez cons comme ça 

 

Il faudra que je te parle de ma collègue, la dépressive, celle qui fait mon bonheur, celle qui illumine mes journées. See you.. 

 

 

Ah et puis, tiens, comme je me pose beaucoup de Questions , du coup tu cliquettes.

15 janvier 2011

La proposition.

Bon, eh ben on est le 10 janvier 2011(ou du moins, faisons comme si). C'est un lundi même (là aussi, faisons comme si). Et c'est le jour qu'a choisi Ben (oui, tu sais Ben) pour me souhaiter une bonne année. Et ça, c'est cool. Mais là n'est pas le sujet.

Le sujet, c'est que le Ben, il m'a dit qu'il serait très intéressé par le fait que... je pose pour lui, comme modèle donc. Alors je lui ai expliqué que si lui, est sur Nice maintenant, moi, je suis un peu dans une autre région 'achement plus au sud. Genre sur une île. Genre me taper l'avion ou le bateau pour poser pour des photos... c'est bizarre, mais ça ne me botte pas des masses. Qui l'eut-cru ? Surtout qu'après tout, je ne le connais pas le bonhomme, mais surtout, il ne m'intéresse pas. Bref.

Donc, je lui ai expliqué que je n'étais plus sur Nice, donc pas pratique, donc NON quoi. Et il me dit que "en effet, ça après c'est toi qui es ok ou pas" (je n'ai toujours pas compris le rapport). Puis il m'explique que s'il m'a ajouté sur FB c'est qu'il aimait mon profil et mes photos. [Notons qu'à l'origine nous nous sommes "connus" sur ce foutu site qu'est Bas Doux, et non pas sur FB, où je l'ai accepté il n'y a pas longtemps]

Je lui rappelle donc qu'il ne sait pas vraiment à quoi je ressemble, vu que c'est lui même qui me l'a dit. Il avait dit qu'entre les photos de moi, et les photos que j'ai ajoutées avec d'autres femelles dessus, il ne sait pas trop quand c'est moi ou pas. Alors "si si", me dit-il, il sait comment je suis, qui je suis, à quoi je ressemble. Que je suis brune, que j'ai j'ai un piercing ici, et tout ça, et que je suis comme-ci et comme-ça. Ok, il sait donc comment je suis. Mais c'est tout de même lui qui m'avait dit qu'on ne savait pas quand c'était moi ou pas sur mes photos, ben là, Ben, ma "remarque" l'a vexé. Il enchaîne donc en me disant "tu sais, je veux pas t'emmerder avec mes trips". Et de me dire que "le moment venu si tu es ok je pense que tu pourrais servir".

Tu entends ça ? Je pourrais SERVIR ! Ce mec me prend donc pour un tournevis cruciforme... 

Puis il a continué, en disant que je n'avais pas l'air de me la péter comme certaines, et que c'était aussi ça qui lui plaisait chez moi.

Et moi, tu vois, je dois être un peu bête. Vu qu'il venait plus ou moins de m'expliquer qu'il m'avait ajoutée sur FB également en se disant qu'il aurait un modèle potentiel avec moi; je lui demande si à l'origine, il m'a donc invitée pour éventuellement faire des photos (ce qui en soi est stupide vu qu'il l'avait dit en début de discussion). Il a bien évidemment répondu à côté. Répondu qu'il ne se rappelle plus de la photo de profil que j'avais au moment où il m'a "demandé en amie", et ajoute "toujours est-il que j'ai regardé toutes les photos et que je t'ai trouvé très belle, sensuelle, joli corps, joli regard, bref, je suis pas insensible pour être honnête". Dans le genre beau parleur, il est franchement pas mal ! Il me dit donc que photo ou pas, il avait envie de correspondre avec moi.

On en revient aux modèles, et il REdit que "je me suis arrêté sur ton profil, photo ou pas, j'avais rien en tête de précis à la base, je t'ai trouvé jolie voilà tout. La suite on peut jamais savoir". Soit, je l'aurais compris ça.

Et là, il m'explique que des filles aussi l'ajoutent sur FB, qu'il n'est pas seul à faire ça, et que souvent, il les supprime car "elles ont pas grand chose en tête à part se la péter avec leur physique". Là encore, je n'ai pas trop saisi le rapport, mais bon, je commence à avoir l'habitude.

Ne comprenant donc pas trop la logique entre les phrases qui se succèdent, je me dis qu'on va changer de sujet. Puis j'avoue que j'en avais un peu ras le fruit de mer de ses explications sur les modèles et de le l'entendre (le lire) me dire que je suis jolie et blablabla. Je lui (re)demande donc si photographe c'est son "vrai" métier, son activité principale (vu que j'ai déjà posé la question, mais omis la réponse). Et donc, Ben répond que "oula, tu sais, j'en vis pas encore, j'essaie de trouver des idées intéressantes à mettre en lumière mais je suis loin d'être encore un grand photographe".

Je demande alors de quoi il vit, sous entendu "quel est ton boulot ?", histoire de faire connaissance quoi, et apparemment, ça ne se fait pas, ça ne lui a pas plu. Il m'a même demandé pourquoi je posais cette question. Et j'ai eu du mal à lui faire comprendre que c'était de la simple curiosité... Il a fini par me répondre quand même. Il a dit qu'il faisait des books aux gens, qu'il pose de temps en temps (au cas où je n'aurais pas déjà compris) et qu'il fait de la figuration quand on a besoin de lui... Puis il se sent obligé de rajouter "donc, des mois ça va, d'autres moins". Et pour bien confirmer que ma question était super déplacée, il me demande 'est-ce que c'est si important pour toi ?..." avant de dégager sans mot dire.

 

En conclusion, soit je suis super mal élevée, soit ce mec est taré. Mais je crois surtout que je suis aussi tarée que lui, vu que je continue de lui répondre quand il me gratte, alors qu'il m'insupporte dans le fond. Paix à nos âmes, donc.

09 janvier 2011

Les bonnes résolutions !

Je te souhaiterais bien la bonne année, mais en fait non. Ca ne sert à rien. Non pas que je ne le ferais pas sincèrement, mais vois-tu, je doute que ça marche réellement. 

Par exemple, moi, les gens m'ont tous souhaité une bonne année et ont tous ajouté "et SURTOUT la santé !". C'est trop gentil, vraiment adorable. C'est pour ça que le 4 janvier j'avais une belle rhinopharyngite, et ma toute première infection urinaire de 2011 

Enfin bon ! Donc là, c'est censé être la période pour prendre les bonnes résolutions, comme pour chaque début d'année, sauf que ça non plus, ça ne sert à rien. On ne les tient jamais. Alors une fois de plus, j'avais décidé de ne pas en prendre. Puis je me suis dit que finalement j'allais en prendre, des vraies (oui, je sais, je me contredis, mais j'aime ça). Donc mes résolutions pour la nouvelle année qu'elle commence trop bien sont celles-ci:

■ M'inscrire à l'auto-école (en fait, c'est fait depuis) et continuer d'aller au code...

■ Arrêter d'avoir envie de m'auto-trachéotomiser avec un stylo à bille Reynolds bleu à pointe fine quand j'ai l'idée absurde de penser à mon foutu ex ce connard.

■ Faire semblant de mettre un peu d'argent de côté chaque mois et ne pas dépenser tout mon salaire-ridicule futilement.

■ Devenir lesbienne OU entrer au couvent (à déterminer, de grosses hésitations m'empêchent actuellement de me décider définitivement sur ce point)

■ Continuer de faire du sport tous les soirs afin d'évacuer les tensions et me vider l'esprit (huhu). Pour éviter de tarter la gueule des gens qui me gavent (et Dieu sait qu'il y en a beaucoup) quoi.

■ Me remettre à l'anglais, parce qu'apparemment David Beckham reviendrait jouer sur le vieux continent, et que si je le croise un jour à Géant ou autre, il faut bien que je réussisse à lui dire que "putain David comment tu tâtes trop bien le ballon quoi".

■ Faire un peu le tapin afin d'arrondir les fins de mois et m'amuser un peu en dehors du lycée. Puis ça fait toujours sensation quand on répond aux gens qui nous demandent "tu fais quoi dans la vie ?" que "je vends mon cul, et toi ?", et on aime faire sensation.

 

Il y en avait d'autres, mais je les ai un peu oubliées... Tu comprends, il restait encore pas mal de bouteilles de vins et de champagne de ces fêtes de fin d'année... Puis j'ai la mémoire d'un poisson rouge.

Et puis, bonne année, tiens ! 

 

 

 

 

 

 

 

30 décembre 2010

Y’a d’la joie ♫♪

Laisse-moi te raconter comment j’ai fait connaissance avec ma nouvelle collègue plus ancienne que moi en début d’année scolaire.

En fait, cette charmante personne très agréable, décrite par pas mal de personnes comme trèèèès gentille, revenait de congés maladie après 1an et plus. La gente dame, elle a fait une dépression, c’est pour ça qu’elle était en maladie. Bon, ce n’est pas grave, ça arrive à tout le monde ( ?), me dis-je. Puis tout le monde dit qu’elle est gentille, alors je ne m’en fais pas.

J’arrive donc un mardi matin, toute pimpante, quasi pas en retard, je rentre dans le CDI. A l’intérieur, d’entrée, calé sur un fauteuil en train de lire un bouquin de philo une BD des Bidochons, j’aperçois un élève; et en avançant, je vois devant le rayon romans, une petite « vieille », lunettes rondes, une coupe de petit garçon, des allures de nonnes.


Je me présente à elle, elle me regarde avec deux yeux tout ronds, derrière ses lunettes, et me parle genre « ah oui, c’est vous… ». Je ne sais pas comment j’aurais du le prendre, mais en fait je m’en suis foutue, mais complètement quoi. Elle m’explique donc vaguement qu’elle a été relever le courrier, que ci, que ça, que l’autre collègue lui a dit ça, etc, etc.. Puis finit par me dire -sans que je demande rien- que oui, elle a été malade, qu’elle n’est pas super en forme et me prévient qu’elle n’est pas bavarde… Soit. Tant mieux, parce-que j’ai pas tellement envie de tailler la bavette à une vieille en fait.


Après un échange de banalités-très-banales-et-complètement-inutiles à base de « roh, mais quel temps ! » et de « roh, flûte, toujours pas de connexion », je me dis que bon, eh ben puisqu’il n’y a rien à faire, je vais continuer la lecture de mon bouquin (le Dahlia Noir).
Eh ben, putain, heureusement qu’elle n’est pas bavarde et qu’elle n’aime pas parler ! Je n’ai pas pu avancer, je ne comprenais plus rien au récit, du coup, j’ai arrêté pour écouter Cosette faire causette…

Tu sais quoi ? Cette conversation fut un pur bonheur. Je m’en vais te la raconter, enfin, t’en expliquer la magie. Au milieu des « ouais, plus ça va plus les élèves c’est rien que des branleurs » et des « on n’a plus d’saisons », elle me parle de son fils qui bosse dans le département voisin (soit à 4h de route) et qui rentre à la maison tous les week-ends (hm… Tanguy ? Parce-qu’elle a 60ans la nénette, donc il doit bien avoir entre 30 et 40ans hein). Que l’hiver, elle stresse à mort parce-que la neige, parce-que le verglas, parce-que la nuit plus tôt, et que son fils chéri s’est planté 2fois à cause de ce combo-magique-de-la-mort-qui-tue-la-vie. Mais attends, parce qu'elle me dit ça, main sur la poitrine, l’œil humide, la voix tremblotante. Alors je lui sors un truc sans aucun sens : « c’est sûr que tu dois être inquiète, mais bon, il n’a rien eu, c’est l’essentiel, il ne faut pas trop s’inquiéter », mais j’avais pas spécialement envie de m’éterniser sur le sujet hein, les accidents de voiture, son angoisse, et je voyais bien que ses yeux n'allaient pas tarder à pisser.


Et LÀ, elle me dit –alors qu’on commençait à changer de sujet- « en plus, je ne suis pas gay ». HEIN ?! Mais à quel moment s’est-elle imaginé que je lui proposais de lui brouter le gazon ?! Je la regarde fixement, apparemment avec un gros point d’interrogation au dessus de la tête, puisqu’elle surenchérit en expliquant en gros qu’elle n’a pas la joie de vivre. Ouf ! Me voilà rassurée… « Ouh, ben va mourir, t’as vécu ta vie, ça va… » pense-je. Et elle rajoute « en plus j’ai perdu MAMAN », et elle se met à pleurer.


Oh, putain de putain, nous y voilà, il ne manquait plus que ça. Que dire ? Quoi faire ? Surtout que, vois-tu, la seule chose qui me vint à l’esprit à ce moment-là, c’est « Maman ?! », suivi de « Hm… elle a 60ans, la mère devait bien avoir au minimum 80ans… ça va, elle a vécu ! De toutes façons, les vieux c’est chiant ». Tu iras trouver toi un truc à dire avec de pareilles pensées hein… Je la regarde, un ange passe (mais pas sa mère, je crois), j’avais une putain d’envie de rire et le seul truc que j’arrive à sortir c’est « ça va aller ? » *regard réconfortant* [ou pas].

Ah ben pour ça, elle est gentille la collègue. Par contre, avec les élèves, elle est juste en mode vieille-connasse-aigrie. Le CDI, chez nous, c’est plus l’endroit où ces cons de profs* viennent faire leurs photocopies, que l’endroit où les élèves viennent bosser/s’instruire/lire. Et donc, ces cons de profs, font des centaines de photocopies par jour chacun, et ce n’est même pas une façon de parler. Certains d’entre eux envoient d’ailleurs leurs élèves pendant les cours, pour faire les photocopies à leur place, et là, normalement on dit « ah ben non, ton prof s'il veut quelque chose, il déplace son cul et il se sert tout seul », mais bon moi, je m’en fous, je suis gentille (et j’ai rien d’autre à faire, je m’emmerde un peu) et je les leur fais les photocopies.


Puis des fois, il y a des élèves qui viennent demander des photocopies pour eux même, généralement une ou deux, et pour les cours bien sûr hein, pas des trucs juste pour le fun, et pas des photocopies de pages de magazines X, tu vois.  Ben L. la vieille dépressive, quand un élève tout sympathique, tout poli est venu nous demander si l’on pouvait lui faire UNE photocopie d’une fiche de cours, elle lui dit, agressive comme un yorkshire « non », sur le moment je me dis « oh, elle fait de l’humour… » et je m’aperçois qu’en fait non, et elle explique un truc du genre « on n’est pas à la disposition des élèves ». Et l’élève de s’en aller tête baissée… Je pense que cette chienne gente dame a vu que ça m’a quelque peu choqué, vu qu’elle me demande « tu leur fais toi d’habitude ? », je lui dis que oui, vu que les profs en font des centaines et des centaines tous les jours, qu’on passe des cartons de ramettes chaque jour et que du coup, faire une malheureuse photocopie pour un élève, ça me paraît quelque peu normal. Surtout que dans un CDI, il me paraît plus logique de faire des photocopies pour les élèves que pour les profs, bordel. Mais ça n’engage que moi.


« Oui mais si tu en fais à un, après ils viennent tous » qu’elle me dit, l’autre. Parce-que toi-même tu sais que les élèves, c’est des gros accros du polycopié, et que même certains ils en dealent dans les cours de récré.


Puis merde, fait chier, en plus d’être vieille et pas marrante (sauf quand elle pleure), elle m’empêchede baver sur les deux malheureux profs pinables mignons de ce lycée moisi. Et par la même occasion, de me faire draguer pas que par des beaux profs ou des élèves. C’NUL ! :(

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Comme je me doute que tu rêves d'avoir un aperçu de ma collègue et de sa coupe mystérieuse, je t'en offre un aperçu, ne me remercie pas. Bon, elle a un peu les yeux bridés sur cette photo, mais la coupe y est. Savoure donc.


 

*: il me paraît utile de préciser que je n'ai rien contre les professeurs, contre le métier. J'ai juste un souci avec les trois quarts des profs de mon bahut qui sont juste super antipathiques et ne sont pas foutus de dire bonjour, ou juste de répondre quand moi je leur dis. Parce que après tout je suis rien qu'une petite connasse avec un contrat moisi-pourri. Alors, à eux, je leur dis füque !